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Making of Change of Scenery : l'introduction

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S’il est un élément que l’on ne peut pas manquer dans CoS, c’est bien l’introduction : plutôt longue, pompeuse à souhait et en apparente discontinuité avec le reste du film elle a suscité quelques remarques, questions, interrogations, insultes auprès des spectateurs. Explications.


L’idée d’une introduction a germé relativement tôt dans le processus de création du film et devait s’imposer à la fois comme outils explicatif et comme première accroche pour le spectateur permettant d’entrer directement dans le vif du sujet dès la scène suivante et ses premières répliques choc : ‘Vous êtes viré !’.

Il tout d’abord est de notre devoir de faire la lumière sur l’origine de cette introduction au ralenti sur la 7e symphonie de Beethoven. Rendons donc à César ce qui est à César et évitons immédiatement le plagiat de mauvais aloi en avouant la triste vérité : cette scène d’introduction est inspirée de l’ouverture du magnifique The Fall de Tarsem.
Soit dit en passant : si vous avez l’occasion (n’hésitez pas à le télécharger, le film n’est jamais sorti en France ni au ciné, ni en DVD), sautez donc sur ce petit bijoux d’esthétisme et de narration qui rappelle que même aujourd’hui des films peuvent nous faire planer.


Mais revenons à nos moutons : l’introduction se construit au fil des plans et de la musique et gagne à la fois en sens et en intensité : le premier plan présente une main tendue, signe de paix par excellence, souligné par un fond brillant. Les joueurs auront reconnu Epitaphe, mais la structure rappelle celle d’une église avec des vitraux futuristes. Le message de paix transmis par la main tendue est donc relayé par le décor riche en symbolique.

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Pourtant rapidement tout va mal : le dézoom suggère au spectateur de prendre de la distance par rapport à ce qu’il voit, ne pas prendre l’image pour argent comptant. La main appartient à un humain en armure qui semble projeté en avant.

Le doute n’est plus permis à partir du deuxième plan puisqu’un autre personnage est également figé dans les airs, mais cette fois entouré d’une éclaboussure rouge sang et dont la position bras écartés renvoie directement à la crucifixion. L’image de l’église est donc toujours présente mais dans une vision beaucoup plus sombre.
Une ambiance sombre appuyée par le contraste fort rendant les personnages presque noirs malgré la couleur vive de leurs armures, toute la lumière étant accaparée par les vitraux bleus qui adressent un nouveau message au spectateur : ne te laisse pas aveugler et regarde bien, dans l’absurdité de la guerre les morts n’ont plus de couleur, plus de camp, il n'y a ni bons, ni méchants, rien que des corps malmenés.

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Le plan suivant, de nouveau en dézoom mais bien plus rapide cette fois, cherche à fuir la zone de massacre devenue bien plus évidente, laissant apparaître distinctement les couleurs des armures : rouges et bleues. Le plan se termine dans un fondu vers le noir à partir de la fumée provoquée par l’explosion.


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A noter pour les amateurs d’easter eggs : la bête à mandibules est visible derrière le pilier à la fin de ce plan.

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Le quatrième plan offre une vue inédite de la scène, opposée à la précédente et mettant l’accent sur les changements de luminosité. L’explosion fait de la lumière certes, mais provoque aussi quasi instantanément le chaos et l’image se ternit alors complètement pour ceux qui restent en vie ; à savoir le soldat rouge sur la gauche à la fin du plan.

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Soldat rouge dont le sort est pourtant scellé dès le plan suivant par le travelling qui suit la ligne du fusil à pompe depuis la crosse vers le canon, ce dernier étant dirigé droit sur la tête du seul soldat encore vivant tel une épée de Damoclès qui indique au spectateur que toute victoire n’est finalement qu’un sursis susceptible d’être de courte durée.

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Cette introduction est donc, vous l’aurez compris, la première scène du film qui annonce la couleur : amère par son contenu mais colorée par sa forme, elle tente de mettre l’accent sur la plus grande absurdité du film qui ne réside pas dans un échange de citrons ou dans un licenciement abusif mais bien dans une guerre dont la raison, évoquée un peu plus tard dans le film, n’est que la possession d’un drapeau. Ralala, une guerre fondée sur des intentions bidon, y a bien que les jeux vidéo pour inventer ça…

Machinima | BlueHunter | 20 juillet 2009
tags : machinima, halo, videos, tgo, gmbh

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